Ce blog regroupe les créations et découvertes lors des ateliers du centre socioculturel AVARA
Je suis un peu en retard sur la rédaction de mes articles.
Nous sommes allés écouter à l'Haÿ-les-roses il y a un mois le samedi 12 février la conférence d’ Agnès Pierron sur le Grand Guignol.
Notre petit groupe s’est agrandi, : nous étions 2 il y a un an, nous voilà 8 pour ce jour là.
Lors de cette conférence, j ai beaucoup appris. Je n’étais pas complètement ignare sur ce sujet, mon père m’ayant dit toute petite qu’il avait fait du grand guignol, et que c’était du théâtre mais vraiment pas plus.
Je vais donc essayer de résumer le sujet exposé.
Le grand guignol est un théâtre d’épouvante sans marionnettes, excessif, sanguinolent.
La création de ce théâtre a été faite par Oscar Méténier ( 1859-1913), petit secrétaire de police et chien de commissariat mais aussi auteur, qui avait une envie : « s’acheter un théâtre » pour y représenter ses pièces. Il le fait en 1897,et y représente ses pièces où héros sont de type bagnard, escroc, prostituées qui s’expriment dans le langage de la rue. .. car Oscar Méténier puise ses sujets dans ce qu’il voit et observe via sa situation au commissariat. Il fait scandale évidemment via ses pièces et il écrit en faisant allusion à Laurent Mourguet « je suis censuré comme guignol mais je suis un grand guignol » (Laurent Mourguet 1739-1844: forain arracheur de dents qui distrait via ses marionnettes est le père de guignol)
Suite aux scandales, le théâtre est vendu à Max Maurey (1866 – 1947) qui en fait le repère de l’épouvante .Les spectacles sont composés de petites pièces ou alternent dans cet ordre : comédie, puis drame, puis comédie, puis drame pour finir sur une comédie. Les comédies venaient compenser les scènes d’épouvante
Le grand guignol devient un théâtre érotique sous couvert d’épouvante . ce n’est pas un théâtre populaire mais un théâtre écrit par des bourgeois pour des bourgeois , c’est un théâtre qui se fonde sur des peurs de type « train sur scène, phare, moyens de communication, médecin fou,: Il y a beaucoup d’effets spéciaux, son , lumière.
La comédienne Paula Maxa ( la Sarah de l’impasse Chaptal) y a été célèbre, c’est la comédienne « la plus assassinée du monde » Elle y a été torturée, scalpée, étranglée, guillotinée, pendue , écartelée, brûlée, piquée par un scorpion, dévoré par un puma, embrassé par un lépreux……
Les spectateurs s’évanouissent ( on compte d’ailleurs le nombre d’évanouis…) , d’autres se cachent dans des loges « grillées » pour passer inaperçus ….
Un nouveau directeur Jacques Jouvin 1930 –1937 désire changer de répertoire, licencie Maxa , passe aux pièces de type « psychologique » mais cela ne plait plus d’autant que l e cinéma fait aussi une grosse concurrence.
Le théâtre se meurt et une vente aux enchères a lieu en 1963.
La façade du théâtre existe toujours près du métro Pigalle et près du musée de la vie romantique au 7 cité Chaptal, au fond de l’impasse.
Aujourd’hui Emmanuelle Laborie en a fait la maison culturelle de la langue des sourds (après les cris d’épouvante, le silence !!)