Ce blog regroupe les créations et découvertes lors des ateliers du centre socioculturel AVARA
Nous avons été une quinzaine du groupe séniors à faire, dimanche 13 mai, la visite-découverte des ponts de Dourdan et d’Etampes organisée par la Maison de Banlieue et de l’Architecture (MdBA) d’Athis-Mons.
Cette « promenade » culturelle et curieuse était la troisième faite par notre petit groupe avec la MdBA, après la découverte des églises de Massy et des Mariannes de trois mairies de l’Essonne .
Le principe est simple : voyage en bus et visite sur place commentée par des spécialistes passionnés et qui savent donc être passionnants.
A Dourdan, c’est Damien de Nardo, animateur du château de Dourdan et une jeune collègue qui nous ont guidés.
Nous avons commencé par faire le tour du château de Charles d’Orléans pour voir les évolutions historiques de ses ponts d’accès, depuis le premier pont-levis jusqu’à la passerelle construite en 1828 qui permettait aux écoliers de rejoindre leur classe installée dans une aile du château sans rencontrer les prisonniers qui étaient enfermés dans le reste du château. Curieuse cohabitation…
Puis nous nous sommes dirigés vers la gare construite pour accueillir le train Paris-Tours en 1865 et qui servait aussi pour le transport vers Paris de marchandise, surtout du blé de Beauce. Nous avons pu voir la passerelle qui enjambe les voies et qui a été reconstruite en 1948 après les bombardements de 1944. Maintenant, il n’y a plus guère de transport de blé et c’est le RER qui anime cette gare, la ville de Dourdan se transformant de plus en plus en ville-dortoir, les loyers étant plus modérés qu’à Paris situé à 45 km.
Retour vers la ville médiévale et le château à travers un quartier qui avait été loti en 1910 pour y construire de nouvelles maisons, qui ont vieilli mais dont plusieurs restent très belles et surtout originales dans leur style, néogothique et néonormand. Et les noms de rues sont évocateurs : rue Champfleuri, rue du Moulin du Roi, rue du Puits des Champs, …
Poursuite de notre visite vers les anciens remparts et une zone où passe un bras de l’Orge canalisé en 1970. De nombreux ponts subsistent et nous avons ensuite emprunté un ancien chemin de halage où on trouve un graffiti daté du 14 juillet 1914.
Poursuite de notre balade à travers des petites rues avec de nombreux ponts : rue des Remparts, rue des Cordiers, place du Marché aux Herbes, rue des Fossés du Château.
Notre visite s’est terminée par le pont de la Porte d’Etampes et la place du Chariot où les
chariots attendaient l’ouverture de la porte qui marquait l’entrée dans la ville fortifiée, devant l’ancienne maison de Jacques Lescornay, historiographe de Louis XIII et auteur des Mémoires de
la ville de Dourdan, « ouvrage publié en 1624 et destiné à plaire au roi et à Marie de Médicis, usufruitière du domaine de Dourdan ». La maison a été reconstruite en 1901 et héberge
actuellement la bibliothèque municipale de Dourdan. Elle possède un magnifique parc où nous avons pique-niqué sur des bancs, au soleil…
Poursuite en bus de notre périple vers Etampes où nous sommes accueillis par Sylvain Duchêne, directeur du musée de la ville. Notre promenade commence devant la gare, construite sur la ligne Paris-Orléans dont les voies ferrées constituent un véritable mur dans la ville, séparant la vieille ville du quartier des Guinettes que son isolement et ses difficultés d’accès ont fait reconnaître en ZUS (Zone Urbaine Sensible). Car il n’y a que deux passerelles, un pont et un passage sous-terrain comme moyens de passage…
Nous avons emprunté la grande passerelle construite au 19ème siècle et complètement rénovée en 1980, pour accéder à ce qui reste du château d’Etampes, essentiellement la tour Guinette qui est classée Monument historique et propriété de la ville.
Le premier château a été construit en 1060, dans un passé glorieux pour la ville qui a vu y passer nombre de rois et de personnages historiques, dans une succession de sièges, de prises d’assaut, de batailles : Philippe Auguste, Charles V, Jean de Berry, Jean Sans Peur, Charles le Téméraire, Anne de Bretagne, Claude de France. Jusqu’à Henri IV qui autorisa le démantèlement du château dont ne subsiste que la tour Guinette que Victor Hugo évoque longuement dans Notre-Dame de Paris.
De là, on domine toute la vieille ville et ses trois rivières, la Louette, la Chalouette et la Juine, dont nous verrons qu’elles constituent un réseau hydraulique très serré qui fait d’Etampes une ville construite sur les eaux.
En redescendant vers la vieille ville, nous avons appris qu’Etampes était le carrefour des axes Paris-Orléans et Sens-Chartes et avait été une place commerçante très importante, avec un port (maintenant ensablé) sur la Juine qui se jette dans l’Essonne donc la Seine, et que le chemin de fer en avait capté le trafic. Maintenant, Etampes, qui est à 50 km de Paris, se transforme doucement en ville-dortoir.
Nous avons appris aussi qu’il y avait eu jusqu’à 90 moulins pour le blé de la Beauce, que les rois de France installaient leurs favorites à Etampes (pour les éloigner ?). Celles-ci ont laissé leur nom à des hôtels même si elles n’y résidèrent sans doute pas : on y trouve ainsi la Maison d’Anne de Pisseleu (François 1er), l’hôtel de Diane de Poitiers (Henri II), l’hôtel de Vendôme de Gabrielle d’Estrées (Henri IV). Ensuite, nous avons fait une belle promenade dans la vieille ville, passant devant l’ancien Hôtel Dieu qui avait été l’hôpital de la région et le long de très nombreux cours d’eau canalisés : la Louette qui se transforme en rivière d’Etampes, la Chalouette, des rus qui sont des dérivations, y compris de la Juine qui passe plus à l’est de la ville.
Nous avons terminé notre promenade au musée d’Etampes situé dans la cour de l’Hôtel-de-Ville. Créé en 1875, ce musée a été constitué à partir du don de la veuve du sculpteur Elias Robert qui était né à Etampes en 1819. Il a été élargi à d’autres collections : paléontologie (600 fossiles datant du Stampien, période géologique tirant son nom d’Etampes), d’archéologie (3000 objets préhistoriques), de peinture (260 tableaux, 350 sculptures). Nous avons pu voir des dessins, aquarelles et croquis d’un peintre d’Etampes, Narcisse Berchère, né lui-aussi en 1819, qui a beaucoup dessiné sur Etampes et ses environs et qui a été célèbre pour ses peintures orientalistes, en particulier d’Egypte. Il a d’ailleurs été le peintre officiel de la Compagnie du canal de Suez dont il a suivi toute la construction.
Et notre bus nous a ramenés à Athis-Mons, ravis de notre promenade culturelle et de tout ce que nous avions vu et appris, et auprès de quoi nous étions passés depuis si longtemps sans l’avoir même soupçonné...
Nous attendons avec impatience et intérêt la prochaine sortie organisée par la MdBA…